Notes de l’épisode
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Je pense à ce papa qui était au bord du gouffre.
Épuisé par ses collaborateurs. Par ses clients.
Épuisé par ses grands enfants. Par sa femme.
Le problème n’était pas chez eux.
Oui, ils lui en demandaient beaucoup, mais parce qu’il leur en donnait beaucoup. Et parce qu’il ne savait pas faire autrement.
Sa porte de bureau toujours ouverte, son téléphone jamais en mode avion, son planning bien trop flexible : il était disponible pour tout le monde, sauf pour lui.
Alors, au fil d’un échange, après qu’il m’a dit qu’il avait envie de silence, de vide, de rien, je lui ai proposé une seule chose :
« Abandonne-les. Commence par deux jours. »
Sa réponse :
« Je ne peux pas. Tout repose sur moi. »
Il était convaincu que sans lui, rien ne fonctionnerait. Ensemble, on a regardé ce qu’il y avait derrière : cette obligation d’être toujours celui sur qui on peut compter.
Et il les a pris, ces deux jours.
Bien évidemment, il a ressenti de la culpabilité.
Il a même failli rallumer son téléphone. Mais il a résisté.
Et tu sais quoi ? Personne n’a appelé. Rien ne s’est effondré.
Ses collaborateurs ont continué de mener les projets.
Sa femme et ses filles ont vécu ces deux jours à leur façon.
Et lui ? Il n’a pas fait grand-chose : des balades, du silence, un massage, et une exposition qui n’aurait pas du tout intéressé celles qui l’attendaient à la maison.
Mais il n’était plus chef d’entreprise, plus papa, plus mari. Juste lui, avec lui-même.
Quand il est revenu, plus serein, elles lui ont sauté au cou, tellement contentes de retrouver celui qu’elles connaissaient avant l’épuisement.
Abandonner, ce n’est pas déserter : c’est confier sa place, le temps de se retrouver.
Je l’ai vu chez lui, mais aussi chez Céline, qui s’était octroyé un week-end en thalasso avec ses copines, chez Émilien et sa sortie londonnienne, et chez bien d’autres clientes, revenues avec de l’amour et de l’énergie à revendre.
Quand je propose cette idée, elle choque, très souvent. Et pourtant, une fois suivie, j’ai droit à un grand merci et parfois quelques selfies.
Alors toi, à qui vas-tu dire « Je m’absente 48 heures » ? Et quand fais-tu ça ?
Si tu sais que ces deux jours te feraient du bien, mais que l’idée de partir te donne mauvaise conscience ou te fait peur, contacte-moi : on regardera ensemble ce qui t’en empêche.
La question n’est peut-être pas de savoir si les autres peuvent se passer de toi pendant deux jours. Mais si toi, tu peux continuer comme ça encore longtemps à te passer de toi-même.
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Sylvain
